la lettre de Guy CAILLEAU

8 MARS JOURNEE INTERNATIONALE DE L’HYPOCRISIE

 

 

Une nouvelle fois voici revenue la journée internationale de la femme, une nouvelle fois nous allons pouvoir nous féliciter des progrès obtenus dans le domaine de l’égalité hommes femmes. Certes un pas « énorme  » a  été franchi en France par le législateur, c’est celui d’avoir « obligé » les hommes à constituer des binômes, un homme une femme, à l’occasion des élections Départementales à venir. Mais elles sont toujours aussi peu nombreuses dans les conseils d’administration des grandes entreprises et perçoivent toujours moins qu’un homme.

La légende veut que l’origine du 8 mars remonte à une manifestation d’ouvrières américaines du textile en 1857. Rien n'est moins sûr. Ce qui l'est, en revanche, c'est que les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe, au début du XXe siècle, ont tracé la voie.
La création d’une "Journée internationale des femmes" est proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, mais ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Petersburg, que la tradition du 8 mars se met en place. Après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier.

Elle est officialisée par les Nations Unies en 1977.

 

La Journée de la femme dans le monde : De l'Europe à l'Asie, chaque pays célèbre la femme à sa façon.

 

Tour d'horizon.

 

Dans plusieurs pays de l'Est, d'Asie et d'Afrique, le 8 mars est un jour férié, parfois exclusivement réservé aux femmes comme en Chine et à Madagascar. En Italie, le brin de mimosa est associé à la Journée de la femme. Il s'en vend plus de 10 millions de brins chaque année. En Bulgarie, cette journée est l'occasion pour les hommes d'offrir un bouquet de fleurs à leurs collègues femmes, leur mère, leur femme, etc. En Arménie, le 8 mars marque le premier jour d'un mois entier dédié aux femmes et au cours duquel on leur offre des cadeaux.

Mais revenons à l’origine de ces journées internationales.

Au cours de la Journée internationale de la femme de 1975 les Nations Unies commencent à commémorer la Journée internationale de la femme tous les 8 mars de chaque année. Deux ans plus tard, en décembre 1977, l’Assemblée générale adopte une résolution proclamant qu’une Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale devait être célébrée par les États membres un jour quelconque de l’année, selon leurs traditions historiques et nationales.

Cette Journée internationale de la femme trouve son origine dans les mouvements ouvriers du tournant du XXème siècle en Amérique du Nord et dans toute l’Europe. Depuis lors, cette Journée a pris une nouvelle dimension mondiale pour les femmes des pays développés comme pour celles des pays en voie de développement. Le mouvement international en faveur des femmes, a été renforcé par les quatre conférences mondiales des Nations Unies sur les femmes, et a contribué à faire de cette commémoration un point de ralliement pour mobiliser le soutien en faveur des droits des femmes et de la participation de ces dernières à la vie politique et économique.

La Journée internationale de la femme fournit de plus en plus l’occasion de dresser un bilan des progrès réalisés, d’appeler à des changements et de célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes ordinaires qui ont joué un rôle déterminant et essentiel dans l’histoire de leurs pays.

29 ans plus tard que reste t-il de cette journée internationale des droits de la femme?

Force est de constater qu’à part se donner bonne conscience une fois par an, il n’en reste pas grand-chose.

Les femmes de par le monde ont toujours été à la pointe du combat pour l’égalité, elles ont durement payée de leur vie bien souvent leur engagement pour ce combat.

Rappelons nous qu’il n’y a pas bien longtemps, la femme en France devait demander l’autorisation d’ouvrir un compte bancaire à son mari, soumise qu’elle était par la loi à la volonté du mâle qui la considérait comme sa propriété personnelle avec droit de tout. Et on a vu comment dans certains cas les choses se sont passées.

La lutte contre les violences faites aux femmes a été le thème choisi par l’ONU pour la Journée 2009, En 2010, le Comité avait décidé de mettre en avant la situation des femmes déplacées lors de conflits armés. Quant au thème 2012, il s’agissait d’« Autonomiser les femmes rurales et éradiquer la faim et la pauvreté ».

À travers ces journées internationales, l’ONU entend lutter pour l’amélioration de la vie des femmes dans le monde entier.

Depuis sa création, cette journée permet chaque année l'occasion de faire le point sur la condition des femmes, l'égalité des sexes, mais aussi de regarder au-delà de nos frontières et d'approfondir la réflexion concernant les avancées futures.

Le 2 mars2013: France télévision consacre du temps d'antenne à toutes heures durant 8 jours pour diffuser des émissions autour de la condition de la femme.

Belle initiative c’est un peu mieux qu’une journée annuelle mais encore insuffisant par rapport au retard pris en la matière.

Le choix de 2013 fait la part belle aux violences faites aux femmes. Combien de fois ai-je vu et entendu, à l’époque où j’étais fonctionnaire de police, des femmes venir au poste pour se plaindre du comportement violent de leur mari ou compagnon. J’ai le souvenir de l’une d’entre elle qui après avoir prévenu que son mari voulait la tuer,  s’est vue répondre par un commissaire plus doué que d’autre que la police saurait l’en dissuader, partie à peine rassurée elle était abattue en pleine rue à trois heures du matin par le mari irascible.

Combien d’autres, violées et maltraitées n’osaient pas déposer plainte de crainte que le remède soit pire que le mal. Il faut dire que la décision, heureusement modifiée depuis, prise le 4 mai 2012 par le conseil constitutionnel Français" a perdu de sa crédibilité en abrogeant la veille de l’élection présidentielle la loi sur le harcèlement sexuel.

Les lois n'étant pas rétroactives, toute nouvelle loi ne sera pas applicable pour les délits d 'harcèlement déjà effectués et qui étaient en cours d'instruction (plus de 200 affaires en cours d'instruction).

Alors tous les ans on fait moult émissions de télé et radio, d’innombrables conférences, nous tenons réunions sur réunions, pour nous donner bonne conscience avec la satisfaction le soir venu, à l’issue de cette journée, d’avoir fait ce qu’il fallait pour cette cause et refermons sagement ce dossier jusqu’à l’année suivante.

Cette année des « initiatives importantes »sont prises notamment par France 2 qui fait une large place aux femmes dans ses reportages du 4 au 6 mars 2015 en l’annonçant à grands renforts de spots télé. Et après ?

Et Paris Match qui grâce au poids de ses maux et au choc de ses photos interroge chaque jour, durant cette même période, une femme du monde de la télé, (on est jamais si bien servi que par sois même), du spectacle, de la politique ou autre ?  

Au soir du 8 mars, avec la satisfaction du devoir accompli, ils remettront sagement leurs reportages dans les cartons bien rangés en haut de l’étagère ou ils dormiront jusqu’à l’année prochaine et reprendront leur train train quotidien en se faisant porter le café par ces mêmes femmes appelées collaboratrices  par pudeur toute masculine.

En 2014 le Secrétaire général de l'ONU, monsieur Ban Ki-Moon déclarait dans son discours de célébration de cette journée :

« Il ne fait donc pas l’ombre d’un doute que l’égalité entre les femmes et les hommes est un avantage pour tous.

Cette réalité doit être au cœur des efforts que nous déployons pour accélérer la réalisation des objectifs du Millénaire du développement d’ici à l’échéance de 2015 et établir un programme d’action pour la suite.   

  Si les progrès accomplis en ce qui concerne l’accès des filles à l’enseignement primaire et la proportion de femmes dans les instances politiques sont considérables, ils restent néanmoins trop lents et trop inégaux.   

D’où qu’elles viennent, les petites filles nées aujourd’hui devront encore faire face à l’inégalité des chances et à la discrimination. Tous, nous devons cependant veiller à ce qu’elles se voient épargner la violence qui touche une femme sur trois dans le monde, puissent un jour recevoir un salaire égal pour un travail égal sans être empêchées de jouer un rôle dans l’économie, soient en mesure de participer dans des conditions d’égalité aux décisions qui les concernent, et aient toute latitude pour décider si elles souhaitent avoir des enfants et, le cas échéant, à quel moment et combien elles en auront.

Je tiens à dire ceci à toutes les femmes et les petites filles de la planète : le respect des droits de l’homme et l’égalité entre les sexes ne sont pas des idéaux inatteignables. Au contraire, il incombe aux gouvernements, à l’Organisation des Nations Unies et à chaque être humain de s’assurer qu’ils deviennent réalité.

Je m’adresse également aux hommes et aux garçons, à qui je demande d’assumer leurs responsabilités à cet égard. Nous avons tous à gagner à voir les femmes et les filles – qu’elles soient mères, sœurs, amies ou collègues – réaliser tout leur potentiel.

Ensemble, tandis que nous nous efforçons d’éliminer la pauvreté et de parvenir au développement durable, œuvrons donc en faveur de l’égalité des sexes, des droits des femmes et du renforcement du pouvoir d’action de celles-ci, car nous avons tous à gagner à être sur un pied d’égalité. »

La journée clôturée, les femmes un peu frustrées c‘est vrai, n’ont plus qu’à reprendre leur train train quotidien avec son lot de taches ménagères, de  corvées et de servitudes envers un mari ou un compagnon, dont il est vrai le comportement à changé quelque peu depuis plusieurs années, mais qui reste, qu’on le veuille ou non, « le maître » et il ferait bon voir que la femme veuille s’émanciper un peu trop. Certes il ne s’agit pas de donner des coups pour se faire respecter ou craindre, les violences verbales et harcèlement moraux peuvent faire plus de mal que des violences physiques à moins que la fessée bientôt interdite pour les enfants ne soit autorisée pour les femmes ce qui serait un moindre mal.

Je plaisante bien sur, cela pour ceux qui prendraient mes écrits au premier degré.

Cette année la Journée internationale de la femme, célébrée chaque année le 8 mars, mettra l’accent sur la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, une feuille de route historique signée par 189 gouvernements il y a 20 ans qui établit le programme d’action pour la réalisation des droits des femmes. Bien que des progrès considérables aient été accomplis depuis, beaucoup de graves lacunes subsistent. Dans le cadre de cette célébration, il est approprié d’évoquer l’acquis des femmes, d’avoir conscience des défis qui restent à affronter et de porter une plus grande attention aux droits des femmes et à l’égalité entre les sexes, afin que tous soient mobilisés et apportent leur contribution. Le Programme d’action de Beijing est axé sur 12 domaines critiques, et il comporte une vision d’un monde où chaque femme et chaque fille peuvent exercer leurs choix. Par exemple, elles doivent pouvoir participer à la vie politique, acquérir une éducation, bénéficier de revenus, et vivre dans des sociétés exemptes de violence et de discrimination.  

Il serait peut être bon d’aller expliquer cela aux cinglés de DAESH ou tout autre mouvement islamique radical à qui on fait plus de publicité qu’aux femmes elles-mêmes . Il faudrait aussi rompre le cou aux coutumes africaines et interdire l’excision. Il faudrait surtout prendre  une bonne fois pour toute, le problème à la base et ne pas se faire plaisir une fois par an pour avoir bonne conscience.

Vous me direz, de quel droit ce vieux con se permet- il de nous juger, après tout c’est aussi un homme, où est la solidarité entre mâles? Je ne peux pas être solidaire avec ceux qui se réveillent une fois par an pour faire bonne figure et suivre le mouvement initié par des hommes à l’ONU dans le seul but inavoué de se donner bonne morale alors que nos compagnes sont toujours traitées avec mépris par les politiques et les multinationales, (on a vu comment Anne LOVERGEON ex PDG de AREVA à été débarquée de son poste), payées avec jusqu’à trente % de salaire en moins que leurs homologues, cantonnées aux taches non valorisantes au prétexte qu’elles enfantent et sont moins disponibles alors que le mâle superbe et généreux se réserve les postes les plus valorisants.

La journée internationale des femmes doit exister tout au long de l’année, c’est au jour le jour, dans notre vie quotidienne, que nous devons nous préoccuper de la situation de celles qui nous accompagnent tout au long de notre existence de la naissance à la mort, en veillant à être plus attentif.

Il ne suffit pas d’être gentil pour obtenir leurs faveurs puis, tel le Docteur JekilL et Mister Hyde, se transformer en monstre, une fois cette faveur obtenue.

Le secrétaire général de l’ONU concluait son propos en 2014 par ces mots : «  Ensemble, tandis que nous nous efforçons d’éliminer la pauvreté et de parvenir au développement durable, œuvrons donc en faveur de l’égalité des sexes, des droits des femmes et du renforcement du pouvoir d’action de celles-ci, car nous avons tous à gagner à être sur un pied d’égalité. »

Mon vœu le plus cher au soir de cette journée du 8 mars est que cette journée n’ait  pas lieu en 2016, preuve que le monde aurait changé et que nos compagnes y auraient trouvé leur place tout naturellement.

CHICHE!

Enfin on a toujours le droit de rêver et comme le chantait si bien Julien CLERC « Femmes je vous aime ».

 8 mars 2016

Article publié dans le journal « Le Soir » en Belgique le 8 mars 2015 et sur facebook



08/03/2015
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